Dix kilos plus tard…


J’ai une manie nerveuse de prendre sans cesse des photos avec mon téléphone. 1757 photos plus tard, je fais l’affreux constat que ma bibliothèque d’images est composée de deux éléments principaux 1/mes chats 2/de la bouffe. Forcément après une semaine en Italie, le dossier "Photos de bouffe" s’est largement agrandi (mon enveloppe corporelle également). Alors bon, j’ai des photos de Cathédrales aussi, mais visiblement, malgré les moussons, les aléas de la vie et le poids des années; les Cathédrales, elles ont toujours la même dégaine, et du coup, je me tape exactement les mêmes photos depuis des années. Alors adieu les Cathédrales, et bonjour les pasta, prosciutto melone, bresaola, pizza, tagliata di manzo e tutti quanti. Buon appetito!

Insalata Caprese – Bresaola con rucola e grana (Salade tomate mozarella – Bresaola à la roquette et au grana)
Tagliata di manzo al pecorino e cipollini – Tiramisù (Tranche de boeuf coupée au fromage et petits oignons – Tiramisu)
Pizza prosciutto cotto e funghi – Spaghetti al pomodoro fresco e formaggio di capra (Pizza jambon cuit et champignons – Spaghetti aux tomates fraîches et fromage de chèvre)
Tagliata di manzo al pepe rosa e rosmarino – Risotto alla milanese (Tranche de boeuf coupée et cuite sur pierre au poivre rose et romarin – Risotto à la milanaise)


Souvent, j’oublie pourquoi je lis rarement des magazines féminins. Alors j’en achète un, à tout hasard, et au bout de quelques lignes de lecture, ça y’est, je me souviens. Aujourd’hui, dans le train, entre Florence et Milan, j’ai eu le malheur de me lancer dans la lecture du mini-supplément horoscope de l’amour été 2012 du "Elle" Italien. Alors vous savez, on dit souvent que ce sont les dessins animés et les films d’amour qui nous donnent une vision totalement erronée de ce qu’est la vie à deux et la vie tout court; mais on oublie quand même que l’horoscope est particulièrement enclin à nous filer une idée totalement miteuse de ce que l’avenir nous réserve. Déjà, voilà, l’horoscope de l’amour 2012, en le feuilletant, on se rend compte que tous les signes astrologiques, sans exception, vont avoir droit à une merveilleuse histoire d’amour cet été. Donc, en gros, si t’as envie de passer deux mois tranquille à faire des apéros entre potes et à avancer dans ton boulot, déjà, tu peux pas. Tu es obligée d’avoir prévu dans ton programme une rencontre inopinée ou un amour passé qui resurgit, sinon, évidemment, tu es la dernière des merdes. Forcément, pour donner un peu plus de crédibilité à leur parfait petit supplément de l’amour, il faut varier un peu les situations et ajouter une once de tragique par-ci par là. En gros, les Scorpions stagneront la moitié de l’année avant de se rendre compte en septembre que le passé doit être laissé derrière afin de laisser place au futur. Tu déconnes ou bien? Il se passe quoi dans le prochain supplément? On va nous apprendre comment ouvrir un pot de yaourt sans éclabousser notre grand-mère? Bon, soyons tolérants, les Capricorne rencontreront l’âme soeur cet été au travail, les Vierge connaîtront une passion enflammée fin juin, et à aucun moment on ne dit que cet été, en fait, on le passera au fin fond d’un bureau sans clim avec Gérard, le mec de la compta qui ne se lave que pour Noël et qui aime bien sucer ses doigts après s’être gratté les oreilles. Non, bien sûr, on va rencontrer l’amour au bord de la plage au fin fond de Papeete, et de toute façon, vous avez pas le choix hein, si vous aviez prévu de partir en vacances tranquillement avec votre mari et vos enfants en Ardèche, oubliez hein, vous tomberez forcément amoureuse du boucher du village et vous briserez le coeur de votre pauvre mari en le laissant aller faire tout seul les courses pour la rentrée scolaire. Avec tout le bordel hein, compas, rapporteur, calculatrice scientifique TI 83, ardoise Welleda et gomettes argentés. Parce que les magazines féminin veulent absolument qu’on soit infidèles, qu’on soit malheureuses célibataires, que notre mec ne bande plus, qu’on ait les seins qui tombent, des rides à gommer et une envie furieuse de se faire relooker et de plaquer son boulot. Moi, j’aimerais bien lire un article à la une de Elle ou de Marie-Claire qui aurait comme titre : "Ne changez rien, vous êtes géniales" ou encore "N’achetez plus ce magazine, ou vous aurez envie de vous pendre au bout de trois pages".


Attention hein, je trouve ça mignon l’amour, les chandelles, les tangas en dentelle et les smileys qui font des bisous, mais je ne comprends pas définitivement pas cette quête de l’amour au détriment de tout le reste. Pour moi, l’amour, en fait, c’est un peu comme le chariot-bar dans le train. S’il passe dans ton wagon, tant mieux, sinon, tu fais sans. C’est typiquement le genre de truc qui ne se trouve jamais quand tu le cherches. En attendant, tu peux quand même profiter du voyage.

Firenze!!

La température oscille entre 35 et 40 degrés alors c’est plus simple de commencer par vous prévenir que je n’ai plus trop toute ma tête. Je suis à moitié coupée du monde avec une connexion internet qui ne marche que dans le hall de l’hôtel alors forcément, je compense tout ça en lézardant, en approfondissant ma connaissance de la gastronomie italienne et j’en oublierais presque mon but premier en venant en Italie : le boulot. Serieusement, je sais pas comment on peut vivre, survivre, travailler, se motiver avec un cagnard pareil. J’ai déjà du mal à trimballer ma carcasse plus de deux minutes sur les rues pavées alors ça me paraît insensé de s’adonner à un dur labeur tout le jour durant. Et quand on est aussi pragmatique que moi, évidemment, on se trimballe en bottes toute la journée et on cuit de l’intérieur.

Voilà. Bon, dans un élan de motivation, j’ai quand même réussi à aller cette après-midi et hier au salon fashion du Pitti, qui est dans une immense forteresse en haut de Florence, et où, clairement, c’est blindé de monde, on est très vite partager entre la joie immense de découvrir de si belles choses, de stands si impressionant, des fringues à n’en plus finir, des chaussures à vous donner envie de saigner votre PEL et l’envie macabre de se laisser agoniser sur le bas côté et de rôtir au soleil en s’enfilant des Granite & Gelati. Dans tout cet émoi, j’ai réussi à faire quelques photos, avant de découvrir que c’était formellement interdit, en fait (genre…) (ils se prennent pour la Chapelle Sixtine, un peu…).

Hier soir, j’ai pu découvrir la graaaande ancienne Stazione Leopolda pour les 30 ans de la marque Stone Island, pour qui j’ai travaillé pendant 4 ans et demi de ma vie. Alors forcément, on recroise les ex-fournisseurs, les ex-clients, on se remémore, on se nostalgise, on verse une larmichette, on se jette sur le buffet, on tue le manant pour attraper le dernier morceau de parmigiano et on se fait dans sa tête des petits flash-back. Et puis bon, les mecs là, ils ont pas fait les choses à moitié, allez, c’est les 30 ans de la marque, on loue une gare et on expose tous les modèles phares dans une installation et décoration de folie, on passe une vidéo sur un écran géant qui fait trois fois la taille de mon appartement, on accroche des trucs au plafond, aux murs, on déclenche des "WAOOOOOH" chez toutes les personnes qui débarquent à la soirée MAIS on sert même pas de Martini Rosato avec ghiaccio. Je suis mauvaise langue hein? Non, sérieusement, c’était splendide. Et je ne pense pas que la (non)qualité de l’appareil photo de mon téléphone puisse retranscrire cet émerveillement, en fait. Ca va en France? Ou ailleurs? Baci ragazzi!


PITTI HOMME & PRE-COLLECTIONS FEMME
SAISON PRINTEMPS ETE 2013
FORTEZZA DEL BASSO – FIRENZE 19 – 22 JUIN


COCKTAIL ANNIVERSAIRE "3O ANS"
STONE ISLAND
STAZIONE LEOPOLDA – FIRENZE

Sofa story

Dès que je remets un pied à Paris, bizarrement, je perds toute inspiration. Voilà, cette ville me tue toutes mes envies. J’avais fait des photos, trente secondes avant de partier, hier matin, pour pouvoir faire un article et vous montrer un peu les nouveaux objets et meubles qui peuplent mon chez moi Lyonnais. Alors voilà, jusqu’ici, le salon paraissait bien vide et triste avant de recevoir mon canapé, pour lequel je me suis battue corps et âmes. Oui, je suis un peu hystérique vous savez, un peu capricieuse aussi (ça vient de mon enfance, effectivement), un peu surmenée dans ma tête; du coup, j’ai fait un scandale assez ridicule sur Twitter, au téléphone, à la fenêtre, à la Nasa, à l’Elysée, bref, partout, pour qu’on me livre mon canapé DANS MON SALON et pas en bas de l’immeuble. Alors oui bon, j’ai un peu gueulé, je l’admets, mais il faut me comprendre hein, je vis toute seule, j’ai même pas mes chats encore, alors forcément, je n’ai personne sur qui gueuler; donc dès qu’une occasion parfaite se présente, j’en profite, JE GUEULE. J’ai obtenu gain de cause, il est arrivé sur ses jolies petits pattes un mercredi en fin de journée, rendant ainsi mes nuits et mes journées beaucoup plus confortables. J’ai rangé définitivement mon matelas gonflable au fin fond du placard à bordel (oui, le mot "rangé" est pas très approprié, en effet…) et j’ai donc décidé de tester ce canapé pendant les 48Heures qui ont suivies, en restant le cul dedans toute la journée durant. Voilà, je confirme, les canapés, c’est la vie.

Une idée qui ne quittait pas non plus mon pauvre cerveau, c’était d’acheter une chouette. Enfin, pas une vraie hein. Une statue en forme de chouette. Je sais pas pourquoi. Je voulais faire un jeu de mots absolument pourri avec le mot "chouette", mais en fait, la journée est déjà assez laide comme ça, il pleut, il y a une manif d’Air France sous les fenêtres, je me suis planté un clou dans le doigt, on va pas en rajouter hein. Du coup, après une descente chez Habitat, j’ai trouvé LA chouette parfaite. Qui devait peser trois fois mon poids pour une taille de 10cm. La chouette idéale pour assommer potentiellement les cambrioleurs ou violeurs recidivists.

Le facteur sonne toujours deux fois

En ce moment, je suis terriblement insomniaque. Je passe des nuits intenses à errer sur Twitter et à actualiser la page toutes les trois secondes dans l’espoir qu’il se passe quelque chose qui révolutionne ma nuit, mais en fait, non, les gens dorment, la nuit. Le matin, pour ne pas culpabiliser, je me lève quand même à 7h, histoire d’avoir l’impression que mes journées ressemblent à un truc qui tienne la route. Et puis, dans tous les cas, je suis toujours réveillée par la sonnerie atroce de la porte, qui me provoque des mini-arrêts cardiaques en plein milieu de mon sommeil et qui souvent, m’arrache à des rêves bien plus drôles que la réalité. Du coup, je saute du lit en étant toujours d’une humeur assez discutable, j’ouvre la porte seulement de quelques centimètres afin de parer aux éventuelles possibilités qu’il y ait un criminel en cavale sur mon palier, je souffle un peu sur mes cheveux pour essayer de les dégager de mon visage histoire de montrer à mon visiteur qu’il y a une face humaine sous toute cette touffe de cheveux inertes et désorganisés. Et, suspens… Oui, à chaque fois, c’est le facteur. Qui m’apporte tous mes petits colis un par un, chaque matin, avant 8h, et qui est du coup, le premier être humain, chaque jour, à avoir droit au spectacle désastreux de ma sale dégaine au réveil. Et je crois que c’est encore plus flippant que la comédie musicale d’Adam et Eve, quoi, juste pour poser le décor… Alors bon, pour conjurer le sort, du coup, et pour récupérer un peu de dignité en temps que femme (ou en temps qu’être vivant non identifiable), j’ai décidé d’être plus rapide que le facteur, d’être au taquet le matin et d’être totalement prête de A à Z à mettre le nez dehors à 8h pétantes (sauf que je ne mets pas le nez dehors, mais bon, c’est une autre histoire). Et ça, ça n’a absolument rien à voir avec le fait que le facteur soit jeune et physiquement accueillant, non, non.


Perfecto & Slim ZARA
Chaussures 3 SUISSES
Photos : Merci à Stef :)